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Le Fujifilm INSTAX mini Evo Cinema à l’essai: hype rétro-nostalgique ou jouet coûteux?

Les appareils photo instantanés ont un charme unique. Tu déclenches, tu attends un peu et tu retires du bout des doigts la photo du moment. Vraie, tangible, nostalgique. C’est exactement le sentiment qu’entend raviver le Fujifilm INSTAX mini Evo Cinema avec ses instantanés, mais de manière plus moderne, plus créative et surtout plus polyvalente que les Instax classiques. L’appareil combine tirages instantanés, photos numériques, intégration dans une appli et fonction vidéo. Cela fait quand même beaucoup pour un appareil qui tient dans une seule main. Je l’ai testé et, certes, il est amusant, mais toutes ses caractéristiques ne m’ont pas convaincue.

Première question: de quoi s’agit-il exactement? 

Le Mini Evo Cinema est un mélange de plusieurs univers. Il combine à lui seul appareil photo instantané, appareil photo numérique, minicaméra et imprimante mobile. C’est justement sur ce dernier point qu’il est plus intéressant que les autres modèles Instax. 

Première impression: beaucoup de nostalgie, mais léger en substance 

Visuellement, l’appareil en jette. On le dirait tout droit venu d’un plateau de cinéma des années 1960 ou 1970. La référence à la vieille Super 8 fonctionne étonnamment bien. Sa forme étroite et élancée, son déclencheur à l’avant et sa molette sur le côté le différencient des autres appareils photo numériques. En outre, l’appareil est livré avec un viseur, une poignée et une dragonne, des accessoires dont ne se dotent pas systématiquement tous les instantanés. Les fans de selfies ne seront pas en reste: sur la façade avant se trouve un petit miroir de contrôle, ainsi qu’un éclairage vidéo supplémentaire qui devrait être utile dans l’obscurité. 

En main, le tout laisse pourtant une impression plus mitigée. Personnellement, je trouve que la manipulation de l’appareil devient difficile lors d’une utilisation prolongée. Il est vrai que la poignée supplémentaire est utile, mais je ne la trouve pas non plus très confortable. Pour les personnes qui ont de plus grandes mains, l’appareil semblera peut-être plus convivial. Une autre chose qui m’a surprise: malgré son apparence haut de gamme, l’appareil paraît par moments plus léger et moins robuste que son prix ne le laisserait entendre. 

Côté pratique, il est doté d’un port USB-C pour sa recharge et d’une fente microSD pour l’ajout de mémoire. Les sauvegardes se font soit sur l’espace interne, soit sur la carte. 

Démarrage lent, mode veille rapide 

Au quotidien, il y a une chose qui m’agace assez vite: c’est le temps d’allumage. L’appareil nécessite un appui prolongé sur son bouton de démarrage et environ quatre secondes de plus pour être prêt. Cela n’a l’air de rien comme ça, mais c’est amplement suffisant pour louper de beaux instantanés. De plus, il s’éteint rapidement de lui-même pour économiser la batterie. En théorie, c’est compréhensible, mais en pratique, c’est plutôt énervant. Surtout entre deux prises: je suis obligée de le redémarrer à chaque fois. 

La molette «Decade Dial»: brillante trouvaille ou caprice technologique? 

La caractéristique la plus remarquable de l’appareil est assurément la fameuse molette «Decade Dial», parfois aussi appelée «Eras Dial». Celle-ci permet de choisir parmi dix effets imitant la photographie de dix décennies, des années 1930 aux années 2020. En combinant la molette à la bague du contrôle d’intensité, 100 combinaisons différentes deviennent possibles. Il y a de quoi bien s’amuser! On tourne les molettes et les boutons, on tente des choses, on expérimente et on se perd dans cette mécanique enchanteresse à travers le temps. Sans oublier les cadres et les modes d’impression que l’on peut activer ou les effets sonores qui rappellent les vieux vidéoprojecteurs. Cependant, je remarque que le système ne fonctionne pas toujours de manière tout à fait fluide. La modification des effets n’est pas immédiate et se fait avec un léger décalage.  

Les amateurs et amatrices de ce genre de petites trouvailles créatives s’en donneront à cœur joie. Source: Nadine Zumsteg | Brack.Alltron

Appli et connectivité: une qualité étonnante 

J’ai été agréablement surprise par l’intégration de l’application. Lors de mon essai, la connexion via Bluetooth ou WiFi fonctionne rapidement et reste stable. D’après moi, l’appli Instax fait partie des meilleures applications dans ce domaine. Elle est facile à utiliser, réagit rapidement et propose de nombreuses fonctions pratiques, telles que la télécommande ou l’impression depuis le smartphone, par exemple. Imprimer des photos à partir du téléphone ne pose absolument aucune difficulté et cette fonctionnalité accroît nettement la polyvalence de l’appareil. 

Cela dit, je trouve dommage et étonnant que les filtres des diverses décennies intégrés dans la caméra ne le soient pas dans l’appli. Certes, on trouve dans cette dernière des options de traitement d’images, mais sans l’esprit ludique des options de l’appareil.  

Qualité photo et vidéo: le charme (et les limites) d’antan 

En termes de qualité d’image, on comprend vite dans quelle direction va l’Instax. Il ne cherche pas à concurrencer les appareils photo numériques classiques et encore moins les smartphones. La qualité correspond exactement à ce que l’on peut attendre d’un appareil de ce type. Son petit capteur de 5 mégapixels suffit largement pour les tirages Instax: c’est précisément dans ce but qu’il a été conçu. Avec une bonne luminosité, les résultats sont corrects, voire très beaux. Dès que les conditions de luminosité se détériorent, on remarque cependant que l’appareil atteint ses limites. Les images sont visiblement moins détaillées, moins nettes et globalement moins propres. À cela s’ajoute l’écran arrière, qui n’améliore guère les choses: minuscule et de faible définition, il ne donne qu’une idée imprécise du sujet photographié, plutôt qu’une image vraiment fidèle. Les personnes qui aiment faire des compositions de manière précise et apprécient la qualité d’image risquent de perdre rapidement patience.    

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Pour les clichés instantanés: tout fonctionne à merveille. Mais qui mise sur la netteté d’image devra ronger son frein. Source: Nadine Zumsteg | Brack.Alltron

Oui, l’appareil est capable de faire des enregistrements vidéo. Et oui, on peut aussi les «imprimer». Le Mini Evo Cinema est le premier Instax capable de filmer, mais seulement jusqu’à 15 secondes d’affilée. Il est possible d’enregistrer des clips vidéo par étapes: filmer quelques secondes, changer d’angle ou d’effet, puis revenir à l’enregistrement vidéo, jusqu’à atteindre les 15 secondes de film. C’est vraiment bien pensé. La fonction reste cependant limitée au niveau technique et l’audio est faible. Le zoom ne fonctionne malheureusement pas en continu et marque des temps d’arrêt bien visibles. Les sauts créés le sont aussi sur la vidéo. Par défaut, l’enregistrement se fait en 600 × 800 pixels et seul le mode 2020 permet d’obtenir une définition plus élevée de 1080 × 1440 pixels.  
L’originalité ne tient donc pas de la qualité vidéo elle-même, mais de la manière dont Fujifilm l’intègre. Une fois la séquence enregistrée, tu peux choisir une image de couverture, placer un code QR dans un coin ou la travailler d’abord dans l’appli, ajouter des textes, changer l’apparence, etc. Ensuite, tu peux en tirer des impressions. L’option du traitement d’image dans l’appli est particulièrement intéressante. En scannant le code, la vidéo est jouée sur le smartphone. La lecture des vidéos a toujours bien fonctionné chez moi: elles s’affichent dans un petit cadre Instax sur fond noir. Fujifilm supprime automatiquement les vidéos de son serveur au bout de deux ans. L’idée en toile de fond est vraiment craquante: une photo fait office de souvenir, la vidéo donne le petit bonus en plus. Et pour les moments particuliers, comme les voyages, les fêtes, les rencontres improvisées, cela ajoute une dimension supplémentaire au tirage. Les personnes qui aiment filmer par goût de la création prendront assurément beaucoup de plaisir avec cet appareil. 

Des impressions... impressionnantes! 

À l’impression, l’appareil montre combien Fujifilm maîtrise son sujet depuis des années. L’Evo Cinema imprime au mini-format Instax classique. Les tirages sont, comme toujours, très réussis. Développés en quelque 90 secondes, ils ont exactement ce caractère instantané qu’on adore… ou pas. 

Le vrai point fort, c’est que tu peux aussi imprimer des photos directement depuis ton smartphone. Pour le quotidien, l’appareil est presque aussi intéressant comme imprimante mobile que comme appareil photo. Et c’est là que le concept excelle réellement: tu peux utiliser à la fois des images numériques et tenir entre les mains les clichés finaux analogiques.  

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Les photos imprimées depuis le smartphone sont généralement de meilleure qualité que celles prises directement avec l’appareil. Source: Nadine Zumsteg | Brack.Alltron

Batterie: un vrai maillon faible 

La batterie ne tarde pas à se faire remarquer dans le contexte d’une utilisation régulière. Si je joue un peu avec les effets, que je teste la vidéo ou que j’imprime plus fréquemment, elle se vide plus vite que je ne l’aurais voulu. Avec son mode veille agressif, on finit par croire que l’appareil savait déjà que son endurance n’est pas son point fort. Sans batterie externe, il est inutile d’espérer une longue utilisation pour de sérieuses prises de vue. 

Conclusion: l’Instax le plus charmant (et le plus singulier) jusqu’à présent 

En fin de compte, le Fujifilm INSTAX mini Evo Cinema est un appareil charmant, mais singulier et indéniablement amusant. C’est d’ailleurs ce qui le rend dès le départ si attachant. Dès les premiers jours, je me suis laissée quelque peu séduire par ses effets et le petit voyage nostalgique à travers les décennies. Son design, ses filtres, le plaisir «instantané» de ses tirages photo et les idées ludiques distillent l’envie de faire toujours plus de clichés. Pourtant, plus je l’utilisais et plus ses limites me sautaient aux yeux: la qualité photo moyenne, l’autonomie faible, le petit écran et quelques autres particularités techniques qui finissent par énerver un tantinet. De plus, il convient de garder un œil lucide sur le rapport qualité-prix. Le Mini Evo Cinema fait partie des Instax les plus onéreux du catalogue. Pour le prix, tu as un concept unique, une créativité folle, des fonctions inédites et un design très réussi, mais pas un appareil photo performant au sens classique du terme.  

Il s’agit cependant d’un produit unique en son genre. Aucun autre appareil photo instantané ne propose aujourd’hui ce qu’il fait. Pour qui apprécie les effets rétro, aime se montrer créatif et imprimer des instantanés, c’est un objet vraiment sympa. Par contre, les personnes à la recherche d’un bon appareil photo numérique ou d’une haute qualité technique devraient passer leur chemin.

 

Source image de couverture: Nadine Zumsteg | Brack.Alltron 
Nadine Zumsteg

Marketing Manager Editorial Content

Avec ma bucket list d'enfance, j'explore régulièrement de nouveaux lieux, villes ou pays et j'apprécie de découvrir les multiples facettes de l'Europe. Outre mes aventures au loin, la littérature est ma grande passion et j'aime me plonger dans des histoires et des univers captivants. Quand je ne suis pas en voyage, on me trouve en train de goûter avec grand plaisir aux nouveaux spots de brunch dans ma région.

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