
Baisers et maillots porte-bonheur: le football et ses superstitions
Porter son maillot fétiche, emprunter toujours le même chemin pour monter sur le terrain ou se tirer l’oreille avant le coup d’envoi: les footballeurs professionnels ne reculent devant rien lorsqu’il s’agit de mettre la chance de leur côté.
À première vue, ces manies semblent incongrues, et pourtant elles ont leur raison d’être. Elles renforcent la confiance en soi, apaisent la nervosité et permettent de structurer des situations par ailleurs imprévisibles. Bref, elles calment et, parfois même, elles donnent des ailes.
Rien d’étonnant donc à ce que tant de joueurs misent sur elles lorsqu’ils souhaitent bénéficier d’un (soi-disant) avantage décisif. Mais jusqu’où peuvent aller ces superstitions? Embarque avec nous pour un voyage entre baisers porte-bonheur, signes astrologiques et rituels d’échauffement.
Le pied droit de Cristiano Ronaldo
Il fait partie des plus grandes stars du football, notamment grâce à son talent, à sa discipline de fer... et peut-être à la superstition. Chaque fois qu’il pénètre sur le terrain, Cristiano Ronaldo se fait un devoir de poser en premier son pied droit. Ce rituel s’inspire, paraît-il, de l’expression portugaise «entra com a direita» qui signifie en substance «entrer avec le pied droit».
Pilier de l’équipe suisse, Ana-Maria Crnogorčević a révélé dans une interview qu’elle mettait ses protège-tibias, ses manchons, ses chaussettes et ses chaussures en commençant par la droite. Et ce n’est pas tout... elle non plus n’entre jamais sur le terrain avec son pied gauche.
Gary Lineker ou l’art de l’efficience
Gary Lineker affirme que les joueurs qui s’entraînent aux tirs au but avant une partie grillent toutes leurs chances. Durant sa carrière, l’ancien attaquant de l’équipe d’Angleterre boycottait ces séances afin de profiter de sa réserve de bonne fortune pendant les matchs.
Cette superstition a-t-elle un quelconque mérite? Allez savoir... Après tout, Lineker a scoré plus de 300 fois au plus haut niveau.
Laurent Blanc, Fabien Barthez et le baiser porte-bonheur
Un baiser pour garantir la victoire? Lors de la Coupe du monde 1998, Laurent Blanc et Fabien Barthez, deux figures incontournables de l’équipe de France, mettent en place un rituel bien particulier puisqu’avant chaque match, le libéro embrasse le crâne chauve du célèbre gardien. Et ça marche! Après quatre semaines de compétition, les Bleus triomphent en finale face au Brésil.
Kolo Touré, le dernier homme sur le terrain
Kolo Touré, lui, tenait absolument à être le dernier à entrer sur le terrain. Cette superstition, en apparence anodine, donne lieu à une scène incongrue lors d’un huitième de finale de la Ligue des champions 2009: tandis qu’un de ses coéquipiers d’Arsenal est en train de se faire soigner au début de la seconde mi-temps, l’Ivoirien attend patiemment dans les vestiaires. Pendant un bref instant, les Londoniens jouent donc à neuf; et cerise sur le gâteau, quand Touré se précipite sur le terrain sans l’autorisation de l’arbitre, il écope d’un carton jaune!
Niclas Füllkrug et le tirage d’oreille
Lorsque Niclas Füllkrug entre sur le terrain, il se tire brièvement les oreilles et les rabat vers l’avant. Vous avez dit bizarre? Dans une interview, l’attaquant allemand a révélé que ce geste particulier, pratiqué depuis l’enfance, est une sorte d’interrupteur actionnant le mode «concentration totale».
Sergio Goycochea et le rituel des penalties
La palme du rituel le plus absurde de l’histoire du football revient sans doute à Sergio Goycochea. Avant les séances de tirs au but, le gardien argentin se soulageait... sur le terrain.
Son premier fait d’armes notable a lieu durant la Coupe du monde 1990, lors du quart de finale mettant aux prises l’Albiceleste à la Yougoslavie. Comme le temps manque pour aller aux vestiaires, Goycochea urine derrière sa cage... et stoppe deux penalties dans la foulée. En demi-finale, face aux favoris italiens, l’Argentine l’emporte à nouveau à l’issue des tirs au but, notamment grâce aux nerfs d’acier de son ange gardien... qui a une nouvelle fois été satisfaire un besoin personnel sur la pelouse.
Raymond Domenech et l’astrologie
La superstition ne s’arrête pas à la ligne de touche. Ancien entraîneur de l’équipe de France, Raymond Domenech se serait laissé guider par l’astrologie lorsqu’il sélectionnait son effectif. Appréciant particulièrement le signe du Cancer, il avait une aversion pour les Scorpions, trop dominants et trop impulsifs. La rumeur veut d’ailleurs qu’il ait boycotté certains éléments talentueux pour cette seule et unique raison.
Pelé et son maillot fétiche
Dans les années 60, Pelé traverse une mauvaise passe. Pour la superstar du FC Santos, l’absence de son maillot fétiche, offert peu de temps auparavant à un fan, est la seule explication possible à cette baisse de forme. De fait, une fois celui-ci récupéré, tout fonctionne de nouveau à merveille sur le terrain.
Ironie de l’histoire: des années plus tard, on découvre que ce jersey n’était pas l’original. Preuve qu’en matière de porte-bonheur, ce n’est pas tant l’objet qui compte que la croyance en ses vertus surnaturelles.
À chacun son grigri
Les rituels offrent un soutien, une structure et parfois une impression de contrôler l’incontrôlable. Et les stars du football ne sont pas les seules à y croire – nous nous accrochons aussi à des petits gestes ou à des routines lorsque le suspense s’installe devant notre TV.
Peut-être ne vas-tu pas t’asseoir à la même place que lors du match précédent si celui-ci n’a pas tourné comme tu le souhaitais. Ou alors, parce que ça a marché la dernière fois, tu vas te mettre à jurer à haute voix à chaque coup de coin de l’adversaire. Peu importe si cela paraît absurde, du moment que le résultat est au rendez-vous!
Source image de couverture: Unsplash | Valentin Kremer
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